je déteste les fictions. je préfère les biographies, plus facile de s'y connecter. ma vie par exemple serait affreuse à lire parce que tout ce qui la constitue c'est des montées au paradis et des descentes aux enfers systématiques. mon Dieu me déteste et ne m'épargne rien, surtout pas les gerbes coincées dans ma gorge et les noeuds dans l'estomac. j'ai coupé mes cheveux pour avoir des mèches qui me rentrent dans le derme. des larves qui s'amusent à le transformer en tonnes de galeries microscopiques enfouies. putain mais quel monde de merde ! quelle vie de merde ! laissez mes poumons prendre leur place, laissez mon coeur pomper un flux serein, laissez ma tête se reposer de ces grands vacarmes dramatiques. j'ai tâché ma peau à l'encre de chine une fois, maintenant tout coule de partout !!!!! j'ai lâché un optimisme utopiste pour un nihilisme égocentrique... les grands mots me sauvent... peut-être que si tu desserrais ta focale de ton nombril tu te sentirais moins étriquée. mais c'est toujours la même chose : le câble de la caméra se fait ronger hors du cadre par des toutes petites souris affamées. mes souris et celles des autres. dans mes rêves souris deviennent queues de serpent... je suis eve dans la chute. je me laisse sangler à l'arbre par le reptile. pas à cause de la pomme, juste parce que ses écailles auraient eu la bonne couleur. attirance des éclats mmmhhhh.
je macule mes espaces d'apathie et de sensations plastico-chaleureuses au pluriel. la vie ne me laisse ni le choix ni le tact donc je définis mes propres conceptions !! encore heureux. on deviendrais fous sans se définir. moi je trouve du sens à mes incohérences parce que ça me rassure de savoir que je perds pas complètement pied dans le vide;/ mes fantaisies me consolent. j'ai un tas de breloques dans mon sac pour remplir mes écarts, comme un atome qui sature sa couche de valence. mes électrons interragissent même avec le vide. ma nature est halogène, ma formule cinétique s'est ralentie. Seigneur, mes mathématiques ont un goût de suicide, cicatrise mon pauvre coeur...
continuer à mener le rituel
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